Le gouvernement semble avoir décidé de mettre fin à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Il pourrait ensuite supprimer la scolarisation des 4 ans pour ne garder que la dernière année de maternelle. Nous avons toutes et tous en mémoire les mots dégradants employés contre les professeurs des écoles réduisant leurs rôles éducatifs à de simples actions de gardes d’enfants. Pourtant, l’école maternelle est un maillon essentiel de notre système scolaire.
Elle présente en effet de nombreux avantages pour les enfants et les familles puisqu’ elle est gratuite, qu’elle permet de concilier vie familiale et vie professionnelle, et qu’elle apporte aux enfants de vrais acquis éducatifs essentiels pour le reste de leur scolarité. L’école maternelle est en effet un véritable outil en faveur de l’égalité des chances !
La méthode employée par le gouvernement pour parvenir à ses fins apparaît simple : pour permettre la suppression des classes maternelles, il suffit de développer l’offre de accueil de la petite enfance. Bel effet d’annonce !
Le rapport de Madame Tabarot députée UMP, rendu en juillet 2008 est un premier pas en ce sens puisqu’il met l’accent sur le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance. Par ailleurs, une convention d’objectifs et de gestion est conclue entre l’Etat et la Caisse Nationale d’Allocations Familiales pour la période 2009-2012. Son objectif est de financer 100 000 places d’accueil collectif. Depuis 2000, des plans crèches, la création de la prestation de service unique -PSU-, la prestation d’accueil du jeune enfant- PAJE-, n’ont pas suffit.
L’objectif semble uniquement de développer l’offre d’accueil au plan quantitatif. D’autres mesures vont d’ailleurs en ce sens:
-La capacité d’accueil pour les assistants maternels passe de 3 à 4 enfants. Par ailleurs, il est désormais possible de créer des Regroupements d’Assistants Maternels -RAM-
-La création de “jardins d’éveil”pour les enfants âgés de 2 à 3 ans dans les structures existantes, dont les écoles maternelles
- Assouplissement de l’encadrement dans les structures collectives
Le risque est donc immense de voir la qualité d’accueil dégradée du fait de la diminution de la qualification du personnel, de l’augmentation de la capacité d’accueil et de la baisse de l’encadrement. Cela ne peut se faire ni au détriment de la qualité ni au détriment de l’école !
Le domaine de la petite enfance doit en effet relever d’un véritable service public construit en synergie avec toutes les collectivités. C’est le cas dans notre département au sein duquel la majorité conduite par Michel DINET a établit un travail de partenariat depuis de nombreuses années, entre la CAF, le Conseil Général et des structures municipales.
Une autre préoccupation se fait jour avec l’annonce de la suppression de la taxe professionnelle, qui va considérablement diminuer les moyens des départements, communes…Et donc leur capacité à mettre en place des services aux habitants ! La route sera alors libre pour une privatisation du secteur de la petite enfance. Seuls ceux qui en auront les moyens pourront accéder à des services indispensables mais désormais privatisés !